DPE F ou G : quelles sanctions risquez-vous en tant que propriétaire-bailleur ?

Rédigé par : L'Equipe de rédaction

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Le Diagnostic de Performance Énergétique classe désormais les logements énergivores comme des passoires thermiques, avec des conséquences directes pour les propriétaires. Les bailleurs possédant un bien classé F ou G s’exposent à des interdictions de mise en location échelonnées : gel des loyers depuis 2022, interdiction progressive de louer à partir de 2025 pour les logements G puis 2028 pour les F, et obligation de réaliser des travaux de rénovation énergétique avant toute nouvelle mise en location. Ces mesures visent à améliorer le parc locatif français et réduire la consommation énergétique nationale. Découvrons en détail les sanctions applicables et les solutions à votre disposition.

Les étapes du calendrier des interdictions de location

La loi Climat et Résilience a établi un calendrier progressif pour retirer du marché locatif les logements les plus énergivores. Cette approche graduelle permet aux propriétaires de s’adapter, mais impose des échéances strictes qu’il convient de respecter sous peine de sanctions financières et juridiques.

2023 : le seuil minimal de décence énergétique

Depuis le 1er janvier 2023, les logements dont la consommation énergétique dépasse 450 kWh par m² et par an sont considérés comme indécents. Cette mesure concerne principalement les logements classés G les plus énergivores, soit environ 191 000 biens en France. Les propriétaires ne peuvent plus proposer ces habitations à la location, même pour un renouvellement de bail.

2025 : interdiction totale des logements classés G

À partir du 1er janvier 2025, l’ensemble des logements affichant une étiquette G au DPE seront interdits à la location. Cette échéance touche approximativement 600 000 logements supplémentaires. Les baux en cours peuvent se poursuivre jusqu’à leur terme, mais aucun nouveau contrat de location ne pourra être signé sans rénovation préalable du bien.

2028 et 2034 : extension aux classes F et E

Le calendrier se poursuit avec l’interdiction des logements classés F au 1er janvier 2028, concernant environ 1,2 million de biens. Enfin, les logements classés E seront à leur tour concernés en 2034. Cette progression vise à transformer en profondeur le parc locatif français et à atteindre les objectifs de neutralité carbone.

DateLogements concernésNombre estiméSanction
2022Tous DPE F et G4,8 millionsGel des loyers
2023G > 450 kWh/m²/an191 000Interdiction de louer
2025Tous les G600 000Interdiction de louer
2028Tous les F1,2 millionInterdiction de louer
2034Tous les E2,6 millionsInterdiction de louer

Le gel des loyers : une sanction immédiate depuis 2022

Avant même les interdictions de location, les propriétaires de passoires thermiques subissent déjà une contrainte financière significative. Depuis le 24 août 2022, tout logement classé F ou G au DPE est soumis au gel des loyers. Cette mesure s’applique lors du renouvellement d’un bail, de la relocation du bien ou de sa mise en location pour la première fois.

Concrètement, le propriétaire ne peut pas augmenter le loyer, même dans les zones tendues où la révision annuelle est habituellement permise. Cette restriction représente un manque à gagner important sur la durée, particulièrement dans les agglomérations où l’inflation locative est normalement dynamique. Pour retrouver la possibilité d’indexer le loyer, le bailleur doit obligatoirement réaliser des travaux de rénovation énergétique permettant d’atteindre au minimum la classe E.

Les sanctions financières et juridiques encourues

Au-delà du gel des loyers et des interdictions de louer, les propriétaires qui ne respectent pas la réglementation s’exposent à plusieurs types de sanctions, tant civiles que pénales.

Recours du locataire et réduction de loyer

Un locataire occupant un logement indécent dispose de plusieurs recours juridiques. Il peut saisir la commission départementale de conciliation pour faire constater l’indécence du logement. En cas d’échec de la conciliation, le tribunal peut contraindre le propriétaire à effectuer les travaux nécessaires dans un délai déterminé, sous astreinte financière.

Le locataire peut également demander une réduction de loyer proportionnelle au préjudice subi, voire la suspension du paiement du loyer jusqu’à la mise en conformité. Dans les situations les plus graves, le juge peut prononcer la résiliation du bail aux torts du bailleur, avec versement de dommages et intérêts au locataire pour les préjudices subis.

Amendes administratives et pénales

La mise en location d’un logement non conforme aux critères de décence énergétique constitue une infraction pénale. Les propriétaires contrevenants encourent des amendes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. En cas de récidive ou de mauvaise foi avérée, les sanctions peuvent être alourdies par le tribunal.

Les services de l’État peuvent également procéder à des contrôles et dresser des procès-verbaux en cas de non-respect des obligations. Ces contrôles se multiplient progressivement à mesure que les échéances d’interdiction approchent, avec une vigilance particulière dans les zones où la demande locative est forte.

Les propriétaires-bailleurs doivent considérer la rénovation énergétique non comme une contrainte, mais comme un investissement nécessaire pour maintenir la valeur patrimoniale et la rentabilité de leur bien immobilier sur le long terme.

Les obligations du propriétaire lors de la mise en location

La réglementation impose désormais des obligations strictes aux propriétaires concernant le DPE et sa communication aux candidats locataires.

  • Réalisation obligatoire d’un DPE par un diagnostiqueur certifié avant toute mise en location
  • Mention de la classe énergétique dans toute annonce immobilière, que ce soit en ligne ou en agence
  • Transmission du DPE complet au locataire lors de la signature du bail
  • Information du locataire sur les montants théoriques de dépenses énergétiques du logement
  • Conservation du diagnostic pendant toute la durée du bail, avec une validité de 10 ans

Le non-respect de ces obligations d’information peut entraîner l’annulation du bail ou des poursuites pour publicité mensongère. La transparence sur la performance énergétique est devenue un critère aussi important que la surface ou le nombre de pièces dans la présentation d’un bien locatif.

Les solutions pour se mettre en conformité

Face à ces contraintes, les propriétaires disposent de plusieurs leviers pour améliorer la classification énergétique de leur bien et continuer à le louer légalement.

L’audit énergétique préalable

Avant d’engager des travaux, il est recommandé de faire réaliser un audit énergétique complet. Plus détaillé que le simple DPE, cet audit identifie précisément les sources de déperditions énergétiques et propose un plan de travaux priorisé. Cette démarche permet d’optimiser l’investissement en ciblant les interventions les plus efficaces pour progresser dans le classement.

Les travaux prioritaires à envisager

Selon les caractéristiques du logement, plusieurs types de travaux peuvent être nécessaires pour sortir des classes F et G :

  • Isolation des combles et de la toiture, souvent la source principale de déperdition thermique
  • Isolation des murs par l’intérieur ou l’extérieur, selon les contraintes architecturales
  • Remplacement des fenêtres par du double ou triple vitrage performant
  • Installation d’un système de chauffage performant (pompe à chaleur, chaudière à condensation)
  • Mise en place d’une ventilation mécanique contrôlée pour assurer le renouvellement d’air

Les aides financières mobilisables

Pour alléger le coût de ces rénovations, de nombreux dispositifs d’aide existent. MaPrimeRénov’ constitue le dispositif principal, accessible aux propriétaires bailleurs sous conditions. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) permettent d’obtenir des primes versées par les fournisseurs d’énergie. L’éco-prêt à taux zéro offre un financement sans intérêt pour les travaux de rénovation énergétique.

Certaines collectivités territoriales proposent également des aides complémentaires. Le cumul de ces différents dispositifs peut couvrir une part significative de l’investissement, réduisant ainsi le reste à charge pour le propriétaire et le délai de retour sur investissement.

Selon les données du secteur de la rénovation énergétique, les travaux permettant de passer d’une classe G à une classe D peuvent être amortis en 8 à 12 ans grâce aux économies de charges et à la revalorisation du bien.

Anticiper plutôt que subir les échéances

Les propriétaires-bailleurs de logements classés F ou G font face à des obligations réglementaires de plus en plus strictes. Entre gel des loyers, interdictions progressives de louer et risques de sanctions financières, la rénovation énergétique n’est plus une option mais une nécessité pour maintenir son activité locative.

L’anticipation reste la meilleure stratégie : engager dès maintenant un audit et planifier les travaux permet d’éviter l’urgence des échéances 2025 et 2028, de bénéficier sereinement des aides disponibles et de valoriser son patrimoine. Au-delà de la contrainte réglementaire, ces rénovations constituent un investissement rentable qui améliore l’attractivité du bien, réduit la vacance locative et préserve la valeur du patrimoine immobilier dans un marché de plus en plus exigeant sur les performances énergétiques.

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